L’AFSCA rappelle que la notification obligatoire du chancre du châtaignier est de vigueur

Avis aux pépiniéristes et aux gestionnaires de plantations d’espèces ligneuses

Lutte contre le chancre du châtaignier (Cryphonectria parasitica)

Cryphonectria parasitica (chancre du châtaignier) est un champignon originaire d’Asie. Il a été introduit aux États-Unis à la fin du 19e siècle. En 1938, la maladie a été observée en Italie, suite à l’importation de plants de châtaigniers depuis les États-Unis. La maladie s’est d’abord propagée dans le sud de l’Europe (principalement en France et en Espagne) pour ensuite être observée plus au nord (Allemagne, Royaume-Uni). En Belgique, la première constatation date de décembre 2014 et concernait des châtaigniers d’alignements de rues dans les communes de Jette et de Wemmel. En 2015, la maladie a été observée sur des arbres d’alignement et dans des espaces verts publics situés sur quatre communes flamandes différentes.

Cryphonectria parasitica figure dans l’AR du 10/08/2005 relatif à la lutte contre les organismes nuisibles aux végétaux et aux produits végétaux (transposition de la Directive 2000/29/CE). En cas de constatation, la notification obligatoire est de vigueur, quel que soit le lieu où cette constatation est faite (espace vert public, bois, espace vert privé, pépinière). Toute constatation faite dans des pépinières ou sur des plantes destinées à la plantation de Castanea (châtaignier) ou de Quercus (chêne), doit faire l'objet de mesures d’éradication (AR du 10/08/2005, annexe II, partie A, rubrique II, point c) 3).  Ces plantes ne peuvent être mises en circulation (transportées) que si aucun symptôme de Cryphonectria parasitica n’a été observé sur le lieu de production (= toutes les parcelles de l’opérateur) ou dans ses environs immédiats depuis le début du dernier cycle complet de végétation (AR du 10/08/2005, annexe IV, partie A, rubrique II, point 3). Si cette condition est remplie, un passeport phytosanitaire peut être délivré pour les végétaux concernés. Pour veiller au respect de ces dispositions, l’AFSCA procède comme suit :

Inspections annuelles dans les pépinières

• contrôle visuel des parcelles où sont cultivés des plantes hôtes (= Castanea et Quercus) ainsi que de leurs environs immédiats ;
• échantillonnage en cas de symptômes.

Suivi des notifications relatives à des espaces verts publics, des espaces verts privés ou des bois

• contrôle sur place et échantillonnage en cas de symptômes
• si la contamination est confirmée : inventaire des parcelles hébergeant des plantes hôtes dans une zone de 1 km autour de la contamination ;
• inspection de ces parcelles et des plantes hôtes dans une zone de 100 m autour de la contamination, et échantillonnage en cas de symptômes.

Mesures en cas de contamination sur une parcelle d’une pépinière

• délimitation d’une zone de 100 m autour de la contamination ;
• blocage de toutes les parcelles situées dans cette zone de 100 m et où sont cultivées des plantes hôtes ;
• blocage de toutes les parcelles avec plantes hôtes situées dans la pépinière  où la contamination a été constatée (y compris celles situées en dehors de la zone de 100 m) ;
• destruction, par le cultivateur concerné, des plantes infestées et des plantes hôtes dans un rayon de 5 m autour de la contamination ;
• inspection de toutes les plantes hôtes situées hors des parcelles dans une zone de 100 m autour de la contamination, et échantillonnage en cas de symptômes ;
• interdiction de transport pour les plantes hôtes de la parcelle infestée (autres que les plantes infestées et les plantes hôtes situées dans un rayon de 5 m autour de la contamination) et pour toutes les autres parcelles où des  plantes hôtes sont cultivées par le même opérateur (pas de délivrance de passeports phytosanitaires) ;
• interdiction de transport pour les plantes hôtes des parcelles situées dans la zone de 100 m (pas de délivrance de passeports phytosanitaires) ;
• les plantes hôtes de la parcelle infestée et celles situées dans la zone de 100 m ne peuvent être déplacées (délivrance de passeports phytosanitaires) que si plus aucune contamination n’est observée sur la parcelle ou dans ses environs immédiats au cours de la période de végétation suivante ; 
• les plantes hôtes situées sur les autres parcelles (extérieures à la zone de 100 m autour de la contamination) de l’opérateur concerné peuvent, si aucun symptôme n’est constaté, être débloquées (délivrance de passeports phytosanitaires) moyennant une inspection (payante) supplémentaire.

Bonnes pratiques phytosanitaires et responsabilité du pépiniériste

Au-delà des contrôles officiels effectués, un pépiniériste a la responsabilité de fournir des plantes saines et, pour ce faire, de prendre les mesures (préventives) nécessaires.  Ceci commence lors des plantations de printemps. On utilisera, de préférence, des arbres vigoureux provenant de zones indemnes de maladies et contrôlés, avant la plantation, au niveau du point de greffage ainsi que sur la présence de blessures, de symptômes d’infection, de chancres, etc.  Pendant la plantation, il est conseillé que le pépiniériste inspecte suffisamment les arbres et la parcelle. L’élagage devrait être réalisé dans la deuxième année après plantation et pas entre avril et octobre (libération des spores).  En cas d’utilisation de grumes, poteaux, etc. de châtaignier, ceux-ci devraient être écorcés.  Dans l’intérêt de tout le secteur, il est obligatoire de signaler à l’AFSCA toute découverte de contaminations en pépinières.

Mesures en cas de contamination dans un espace vert public, un espace vert privé ou un bois

• recommandation de détruire, au cours de l’hiver, les plantes infestées.

Télécharger la fiche technique du chancre du chataignier venant de l'Observatoire Wallon de la santé des Forêts.

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