Nos hêtres vont-ils disparaître ? Mise au point suite aux informations publiées dans les médias

Plusieurs membres nous ont contactés suite aux communications récentes dans la presse et les médias sur les dépérissements des forêts et les changements climatiques. Certains y annoncent la fin du hêtre ou de l’épicéa dans nos forêts d’ici 100 ans. Nous voudrions préciser notre vision de la situation. Nous ne pouvons pas nier l’impact des changements climatiques sur nos forêts. Les périodes de sécheresse plus longues et plus fréquentes ont un impact sur les essences les plus sensibles telles que le hêtre et l’épicéa. De nouvelles maladies peuvent également affecter une essence particulière ; les maladies du frêne et du marronnier sont maintenant connues et elles provoquent de nombreux dégâts.

Par ailleurs, le dépérissement et les attaques parasitaires sur un arbre ou un peuplement sont multicausaux et ne peuvent pas tous être imputés aux changements climatiques. Parmi les causes, nous pouvons citer l’essence peu ou pas adaptée à la station, une mauvaise provenance, le tassement des sols, la mise en lumière brutale, une attaque de chenilles au printemps, l’âge des arbres ou une densité trop forte. Les aléas sanitaires ont existé de tout temps. En 125 ans de revues éditées par la Forestière, nous recensons de nombreux cas locaux ou généralisés de dépérissement ou d’attaque sanitaire.

Depuis la création de l’Observatoire Wallon de la Santé des Forêts (OWSF), les dépérissements et maladies sont davantage et mieux recensés ; il est donc normal qu’on en parle plus. S’il est vrai que certaines parcelles, de hêtres par exemple, sont plus dépérissantes, c’est loin d’être la majorité. Une meilleure identification des causes, de la localisation et des auteurs du dépérissement sur une essence permet aux forestiers de mieux comprendre la situation et d’envisager des alternatives. De plus en plus de communications ou publications vont dans ce sens et de nouvelles recherches révèlent que certaines essences (ou provenances) semblent bien plus résistantes que ce que l’on pourrait penser.  

En définitive, la fin du hêtre ou de l’épicéa d’ici 100 ans dans nos forêts n’est absolument pas envisagée par les forestiers et le monde scientifique. Il est certain que nous devrons suivre l’évolution des changements climatiques et donc, sans doute, changer nos habitudes de reboisement. Par exemple, la diversification des essences ou la régénération naturelle ou artificielle sous couvert sont des messages qui sont déjà véhiculés depuis plusieurs années.

En pratique nous vous invitons à :
•        Faire le tour de votre bois avec votre gestionnaire professionnel qui vous aidera à diagnostiquer les éventuels problèmes et leur ampleur réelle. Au besoin nous pouvons vous communiquer la liste des Experts forestiers.
•        Faire venir un de nos Correspondants Observateurs en cas de suspicion d’attaque sanitaire. Les Correspondants Observateurs réalisent des observations et prélèvements sanitaires qui sont transmis à l’OWSF. Plus d’info sur ce service
•        Reboiser avec des essences bien adaptées ou avec de nouvelles essences à tester comme l’ont fait nos prédécesseurs il y a plus de 100 ans.
•        Venir à la conférence sur le nouveau Fichier Ecologique des Essences: un outil pour choisir une essence adaptée à sa parcelle en lien avec les changements climatiques. Le jeudi 8 mars 2018 à 18h30 à Marloie (Marche-en-Famenne). Programme et inscription

L’équipe de la SRFB
en collaboration avec l’Observatoire Wallon de la Santé des Forêt (OWSF)


Photo SRFB ©: Tous les arbres d’une même espèce ne réagissent pas de la même manière aux stress ou agressions externes.

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